
Un engouement record pour les midterms 2026
Le volume notionnel des contrats liés aux élections intermédiaires américaines de 2026 a dépassé les 750 millions de dollars au 15 octobre, selon les données compilées par l’Anti-Corruption Data Collective. Ce chiffre représente une multiplication par huit du volume observé lors des courses au Congrès et des élections étatiques de 2024, qui s’élevaient à 92,4 millions de dollars. Les plateformes Kalshi et Polymarket proposent ensemble plus de 21 000 offres distinctes sur ce scrutin, avec un volume potentiel total estimé à 1,6 milliard de dollars.
James Surowiecki, auteur spécialisé dans la sagesse des foules, a souligné l’enjeu de ce scrutin : « Ces élections intermédiaires vont générer beaucoup d’intérêt parce qu’il y a beaucoup en jeu. À cet égard, c’est l’un des plus grands tests pour les marchés de prédiction. » Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de l’élection présidentielle de 2024, décrite comme un point d’inflexion pour le secteur. À la fermeture des bureaux de vote, la cote de Donald Trump sur Polymarket s’établissait à environ 58 %, une précision qui a renforcé la crédibilité de ces instruments financiers aux yeux des observateurs et des médias, comme Fox Business.
Restrictions NBA sur les paris de joueurs
En parallèle de l’essor des paris politiques, la NBA a annoncé de nouvelles restrictions concernant les paris sportifs (props) avant l’ouverture de la saison régulière. La ligue a conclu un accord avec ses bookmakers officiels pour interdire les paris sur les statistiques individuelles des joueurs attendus à moins de 12 minutes de jeu. Cette mesure vise à limiter les risques de manipulation, dans un contexte où la NBA fait face à plusieurs scandales impliquant des anciens joueurs devant comparaître prochainement.
Scott Kaufman-Ross, vice-président exécutif de la NBA, a reconnu à ESPN que la mise en œuvre de ces restrictions pourrait s’avérer complexe sans un cadre réglementaire fédéral clair. En effet, les bookmakers ne peuvent pas simplement refuser des mises sur des joueurs remplaçants de manière uniforme sans l’aval de la Commission des opérations sur les futures (CFTC). Une particularité notable reste que l’offre de combo « under » sur les points, rebonds et passes de LeBron James demeure disponible sur Polymarket, tandis que Kalshi ne proposait pas ce type de marché au vendredi soir.
La CFTC requalifie les contrats d’événements
Le 9 octobre, la CFTC a publié un Notice of Proposed Rulemaking (NPRM) visant à élargir la définition des swaps financiers. Si cette règle est approuvée, les contrats d’événements portant sur le sport et la politique seraient reclassés comme des swaps. Michael Selig, président de la CFTC, a justifié cette approche lors d’une interview avec Fox Business le 15 octobre : « Nous régularisons ces produits sur nos marchés de dérivés chaque jour, qu’il s’agisse de pétrole ou de toute autre matière première. Ma préoccupation est qu’on ne puisse pas offrir un carnet d’ordres dans un casino, ce n’est pas ainsi que ces paris fonctionnent lorsqu’ils sont placés auprès d’un bookmaker. »
Cette reclassification pourrait avoir des conséquences juridiques majeures. Plusieurs cours d’appel ont déjà rejeté l’idée que les dérivés sportifs devraient préempter les lois étatiques sur les paris sportifs. La CFTC et le Department of Justice mènent par ailleurs des enquêtes sur des transactions suspectes, dont 2,6 milliards de dollars de transactions pétrolières et environ 5 milliards de dollars de trading sur Kalshi lié aux futures perpétuels bitcoin. Kalshi a formellement nié toute allégation de wash trading sur sa plateforme. La NBA a mené des discussions formelles avec la CFTC pour établir un cadre d’intégrité, mais aucun Memorandum of Understanding n’a encore été signé.
Pourquoi c’est important
La requalification des marchés de prédiction en swaps financiers par la CFTC modifie le cadre réglementaire applicable aux paris sur les événements politiques et sportifs aux États-Unis. Pour les opérateurs et les régulateurs, cette évolution déplace la supervision des jeux d'argent vers le domaine des instruments dérivés, impactant directement la structure des offres de Kalshi et Polymarket. Les restrictions NBA sur les props de joueurs remplaçants illustrent les tensions entre l'intégrité sportive et la disponibilité des marchés de prédiction, un enjeu central pour la conformité des plateformes iGaming.
Questions fréquentes
Quel est le volume actuel des paris sur les élections de 2026 ?
Le volume notionnel dépasse 750 millions de dollars au 15 octobre. Le volume potentiel total est estimé à 1,6 milliard de dollars sur les plateformes Kalshi et Polymarket, représentant une augmentation d'environ huit fois par rapport aux élections de 2024.
Que propose la CFTC concernant les marchés de prédiction ?
La CFTC propose de reclasser les contrats d'événements sur le sport et la politique comme des swaps financiers via un NPRM publié le 9 octobre. Cela impliquerait une régulation au niveau des dérivés plutôt que celle des paris sportifs traditionnels.
Quelles restrictions la NBA a-t-elle mises en place pour les paris ?
La NBA interdit désormais les paris sur les statistiques individuelles des joueurs attendus à moins de 12 minutes de jeu. Les clients ne peuvent plus non plus prendre plusieurs paris « under » sur la performance statistique d'un seul joueur dans un même match.
Les marchés de prédiction sont-ils réglementés comme les casinos en ligne ?
Non, la CFTC souhaite les assimiler aux marchés de dérivés financiers (swaps). Le président de la CFTC a indiqué que ces instruments ne fonctionnent pas comme les paris placés auprès d'un bookmaker ou dans un casino, mais selon une logique de carnet d'ordres.

